Le krio N'EST PAS de l'anglais — une langue distincte est requise
Le vocabulaire du krio dérivé de l'anglais masque une grammaire fondamentalement différente : "A don go" (Je suis parti) utilise des marqueurs aspectuels inconnus en anglais ; "Wetin mek yu kam?" (Pourquoi es-tu venu ?) utilise des structures interrogatives spécifiques au krio ; "I yon komot" (Il/elle veut partir) utilise le pronom non genré "i" et le verbe krio "komot". Les juges d'immigration et les avocats doivent comprendre que supposer la compréhension de l'anglais pour un locuteur krio cause le même manquement au droit à une procédure régulière que de refuser un interprète dans toute autre langue.
Terminologie de la guerre civile et des conflits
Les affaires d'asile sierra-léonaises font référence à des factions armées spécifiques (RUF, AFRC, SLA, CDF/Kamajors, ECOMOG, West Side Boys), des opérations (Opération No Living Thing, Opération Pay Yourself), la terminologie des camps de brousse (commandants, enfants soldats/SBU, épouses de brousse) et un vocabulaire d'atrocités (amputation, "manche longue/manche courte") que les interprètes doivent rendre avec précision en anglais sans euphémiser ni surexpliquer. Les procédures de la CVR (Commission vérité et réconciliation) et du TSSL (Tribunal spécial pour la Sierra Leone) fournissent le cadre de référence.
Alternance codique entre krio et anglais
Les Sierra-Léonais instruits alternent fréquemment entre le krio et l'anglais standard en milieu de phrase, utilisant l'anglais pour les concepts formels et le krio pour le contenu émotionnel ou narratif. Les interprètes doivent identifier quelle langue est utilisée à chaque instant, car une phrase en krio mal entendue comme de l'"anglais incorrect" sera rendue de manière erronée — "A tel am sey a no wan" est du krio (Je lui ai dit que je ne voulais pas), pas de l'anglais agrammatical.
Références culturelles et aux sociétés secrètes
Les témoignages sierra-léonais peuvent faire référence au Poro (société secrète masculine), au Bondo/Sande (société secrète féminine associée aux MGF), aux pratiques de juju/guérisseur traditionnel et aux structures d'autorité traditionnelles (chef suprême, chef de section). Ces références ont un poids considérable dans les demandes d'asile — une femme fuyant une initiation forcée au Bondo a une réclamation de persécution légitime que les interprètes doivent transmettre avec précision sans jugement culturel.